Ce qu’il faut prendre en compte pour bien s’intégrer en entreprise

Dans ce News, Ange Brou, consultant Diplômé Essec, attire notre attention sur 4 points largement sous-estimés dans un processus d’intégration (le rapport à la critique, la liberté d’initiative, l’influence des croyances et les tabous). Dans cet article, la Culture désigne les valeurs et les pratiques propres à une société, acquises et transmises consciemment ou inconsciemment en tant que membre. Le terme de Société nomme une entreprise ou une nation.

Qu’il s’agisse de travailler dans une nouvelle entreprise ou dans un nouveau pays, pour bien vous intégrer, cherchez à savoir jusqu’à quelle proportion la critique est-elle permise ? Quels sont les tabous dont on n’ose pas parler ? Qui décide réellement ou à qui attribue-t-on les décisions ?

En prenant le temps de comprendre comment les choses sont perçues dans une culture et comment elles ont été façonnées par le contexte, son histoire et ses personnalités dominantes, vous détiendrez une clé précieuse pour votre intégration et vos réussites.  S’intégrer c’est trouver le moyen de ne pas s’exclure et s’isoler par rapport au collectif. C’est un processus de rencontre, d’échange, de partage, d’apprentissage et d’enrichissement.

Pour aller plus loin, contactez-nous et proposez-nous une intervention sur ces thèmes (culture ouest-africaine, culture de son entreprise pour faire sens).

 


Les outils de l’Onboarding…

Les « choses » qu’on omet de prendre en compte pour bien s’intégrer en entreprise

Affaire ou recrutement, pour bien vous intégrer, cherchez à comprendre jusqu’à quelle proportion la critique est-elle permise ? Quels sont les tabous dont on n’ose pas parler ? Qui décide réellement ou à qui attribue-t-on les décisions ? Comme le dit le proverbe ivoirien « l’étranger a de gros yeux mais il ne voit rien« , sinon vous risquez de passer à côté de choses essentielles à votre intégration.

Bien évidemment nous pressentons les différences qu’il peut y avoir dans un nouvel environnement. Pourtant l’expérience démontre que nous sous-estimons largement la portée que la culture d’entreprise ou d’une nation peut avoir sur les orientations décisionnelles et         opérationnelles des individus. Prenons le temps de comprendre…

 

Peut-on tout dire ici ?

Dans les sociétés prônant une « culture égalitariste« , c’est-à-dire celles qui ont tendance à réduire voire supprimer les distances hiérarchiques, tout le monde a droit à la critique et d’être critiqué. Il est courant de voir les chefs accepter de se faire évaluer par leur équipe.

A contrario, dans des cultures hiérarchiques, porter un jugement défavorable sur l’action d’un supérieur peut se révéler être une irrévérence et pourra faire l’objet d’un recadrage ou d’une “mise au placard” en bonne et due forme. Par contre, la critique directe est autorisée lorsqu’elle vient d’un supérieur. Dans ces sociétés, il est courant d’utiliser un ton diplomatique et impersonnel pour révéler les limites de l’action de son chef ou d’un service. Les critiques sont exprimées d’une façon floue et vague sans cibler personne.

 

                                 => Savez-vous comment formule-t-on la critique dans votre nouvelle société ?

 

Qui décide ici ?

Une autre clé, c’est de connaître réellement les décideurs et le circuit de décision. Le décideur est celui qu’on attend pour contrôler, valider avant de décider. Il existe des sociétés qui décentralisent afin d’avoir le moins de centres de décision possible et ainsi favoriser la prise   d’initiative. Généralement dans ce genre d’organisation la confiance et la responsabilité sont affichées comme valeurs.

Par contre, d’autres sociétés contrôlent fermement le pouvoir de décision et garantissent ainsi une discipline collective. Les actions et les décisions s’inscrivent dans des procédures formalisées, codées et souvent très détaillées.

 

                                 => Savez-vous si vous aurez la liberté de prendre des initiatives ?

 

C’est quoi ces histoires à dormir debout ?

Il peut être question de l’influence des croyances ou de la mémoire collective sur l’initiative individuelle dans certains environnements. Il n’est pas fortuit de regarder avec une attention particulière, la place qu’occupe certaines croyances (les rituels, fêtes et symboles…) dans la prise de décision.

Par exemple, quand des fondateurs, avec leur vision se sentent investis d’une mission comme d’une vocation, la croyance en un destin particulier n’est pas très loin. Leur histoire se confond à celle de la société et influence ses décisions de développement. Il faut le savoir. Dans certains pays d’Afrique, à une cérémonie d’inauguration de nouveaux locaux de travail, il n’est pas incongru d’inviter une autorité   spirituelle pour bénir et donc rassurer les collaborateurs sur la sûreté de cette enceinte vis à vis des forces maléfiques. Même si vous ne croyez pas ou ne comprenez pas ce que recouvrent les notions de destin ou de forces surnaturelles, ne passez pas à côté d’une clé de compréhension de certaines actions humaines, dans les environnements profondément spirituels, sans se plonger dans ses croyances.

En France ou dans des pays où la neutralité religieuse est prônée dans l’espace public, cette influence du surnaturel à tendance à être  négligée quand on se retrouve dans d’autres pays. Pourtant on oublie que cette définition de la laïcité ne vaut que pour la France. Or c’est un déterminant tout aussi important dans d’autres régions.

En Amérique latine, l’espace public supporte une cohabitation de l’activité et l’expression religieuse. Il faut donc être attentif à ces signaux afin de savoir composer avec les fêtes religieuses et les traditions religieuses (rituels, interdictions…)

 

                                 => Croit-on dur comme fer aux forces surnaturelles, au destin là où vous allez ?

 

Stop, pas de ça ici.

Imaginez un éléphant désinvolte dans un magasin de porcelaine. Sa présence pourrait créer un malaise tant son imprudence et sa légèreté pourraient nuire à son action.

Parle-t-on librement parler d’argent, de maladie, de vie privée dans votre nouvelle société ? Toute société a tendance à garder des tabous, qui peuvent créer des malaises quand imprudemment on les soulève.

Dans la catégorie tabou, il faut discerner ce qui serait intouchable, dangereux voire impur dont il n’est pas permis d’en parler librement, de remettre en cause ou d’en disposer. Le tabou peut être d’ordre social ou religieux, il fait partie de la culture.

 

                                 => De quoi ne doit-on pas parler dans votre nouvelle société ?

 

A travers ces clés, il ne faut pas oublier que nous percevons et jugeons par le biais de notre référentiel, la rationalité de référence de notre groupe. S’intégrer c’est trouver le moyen de ne pas s’exclure et s’isoler par rapport au collectif. C’est un processus de rencontre, d’échange, de partage, d’apprentissage et d’enrichissement. Voilà, un homme averti en vaut mille.

 


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