La crise sanitaire… un crash-test pour tout l’écosystème du Sport Business ?

La crise sanitaire…
Un crash-test pour tout l’écosystème du Sport Business

par Patrick LE ROUX ~Strategic developer~ – En savoir+ sur Linkedin 

Parution sur le NEWS76


Les acteurs du sport business ne peuvent pas faire l’économie de réinitialiser leurs stratégies. Fédés, Ligues, Clubs, Médias, ayants droits, sponsors, fabricants….sont dans la nécessité de revoir, souvent ENSEMBLE, comment aller vers une économie à réinventer. Le sort et la pérennité de nombreux acteurs sont en jeu.

.maîtriser les revenus : la crise, le tsunami actuel, passe au révélateur la difficulté des équilibres économiques de nombreuses structures et non des moindres. Quelques exemples. La FFT, qui pour un budget annuel de 325 M€ dépend à 260 M€ de Roland-Garros dont 130 de droits TV / Le président, pardon le mécène, Mohamed Altrad, du MHR en Top 14 qui vient de déclarer avoir perdu à titre personnel 110 M€ en 9 ans / Jaume Rourès – président de Médiapro, diffuseur de la L1 à la rentrée pour 780 M€ par an – qui déclare que les salaires astronomiques et surtout les transferts de joueurs à 140 M€ et +, ça, c’était avant.
Et ce n’est ici qu’une sélection de cas.

.équilibrer les revenus : la saison prochaine va voir nombre de contrats de partenariats revus à la baisse, voire même annulés.
Et pour préparer la saison 2020-2021, tous les présidents et trésoriers de clubs professionnels, quelque soit la discipline, savent depuis quelques semaines que leur budget sera terriblement rogné de partenaires nationaux, régionaux et locaux qui vont demander de réduire le contenu de leur contrat, et même se retirer. A combien estimer cette baisse : 20 % ? 30 % ? plus encore ?
La réduction des charges est inévitable : salaires des athlètes en premier évidemment, le Top 14 en rugby officialise une baisse du salary cap par club à 11,3 M€ pour la saison à venir et 10M€ en 2024. Et s’ajoute un allègement des effectifs au sein des staffs et de l’administration.

.le changement c’est maintenant : La manne des médias a joué comme des leurres dans cette économie. Pour le sport pro, c’est le moment d’avoir une vision, de sortir de la TV dépendance pour certains (foot, basket…), de trouver d’autres ressources (les matchs à domicile pèsent pour 70% des revenus des clubs de rugby du Top 14). L’heure n’est plus à la pensée en silo, mais à la construction d’une stratégie en écosystème. Cela me fait penser à un pitch que j’ai accompagné avec une agence de pub digitale courant février, pour un club très connu du Top 14. D’un brief de refonte du site internet, la recommandation s’est légitimement orientée sur la maîtrise d’un éco-système qui met le client au coeur de la stratégie, avec un pontage entre les dispositifs: billetterie, merchandising, fidélisation, acquisition, expérience client avant-pendant-après match, fan expérience, réseaux sociaux… sans oublier les éléments de mesure dont le ROI. Résultat : » la création du site web est jugée trop éloignée des valeurs du club, et un dépassement du budget (10%) vous éliminent de la consultation ». C’était pourtant un virage à prendre…. C’était juste avant le confinement….

Alors, demain ?
Une voie, voire LA voie = la création d’un site web mais en beaucoup plus complet : une plate-forme internet de services OVER-THE-TOP. Autrement dit, créer sa propre autonomie de production de ses programmes, sans avoir à dépendre d’un opérateur. En y ajoutant du contenu, des articles sur le site, la construction d’une stratégie en social media – twitter, instagram, linkedin….- des magazines type émissions TV, reportages, interviews…. Et un objectif d’audience maximale, en vue de générer des revenus, directs ou indirects. 2 exemples ici : https://www.sportenfrance.com ou https://tv.fft.fr

Quelque soit le type de structure (club, ligues…) l’objectif de chaque décideur, doit être de mener une stratégie globale, intégrant l’ensemble des leviers : acquisition, fidélisation, revenus additionnels, trade, datas, appréciation du comportement consommateur.trice, activation par l’offre, par la création de services…. Tout en optimisant les fondamentaux, notamment lorsque l’on est un club : ticketting, hospitalities, partenariats, relations associations de supporters, merchandising, équipementiers…..Bref, la création de valeur est – enfin – devenue un leitmotiv.
Pour accélérer ce mouvement, on voit émerger la SporTech. Un marché mondial estimé à 1% du PIB mondial soit env. 850 milliards €, et un marché français évalué à 1,5 à 2 milliards €. Souvent, ces acteurs sont de petites structures, organisées en start-up, qui développent une expertise inégalée, à forte valeur ajoutée directe et indirecte.

3 segments de marchés = Vers les pros, ce sera la mesure et datas de performances sportives (mojjo pour le tennis), l’exploitation de son terrain de jeu (natural grass)…. Vers les fans, la gestion d’un club de foot et son parcours en compétition (mon petit gazon)…. Vers les amateurs, des conseils en fitness et bien-être (gymlib, fizzup,)…ou pour la course à pied (runnin city).

A travers ces deux leviers, le numérique est incontestablement un levier de croissance et de ressources considérables pour le sport business.

Pour aller : Plus haut, plus loin, plus fort.

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