Un réseau pour se reconstruire (News66)

Un « réseau » pour se reconstruire
… et tisser des liens « durables »
NEWS: CQFD Cadres 78 a 20 ans, l’âge de la jeunesse, de l’énergie et de l’insouciance. Vous en êtes les cofondateurs. Comment la dynamique s’est-elle créée ?
Guy : Nous étions des cadres récemment licenciés et nous avons tout d’abord fait connaissance par diverses rencontres dans l’environnement de nos Municipalités ou de recherches Internet .
Puis après un  » temps d’apprivoisement « , nous avons compris l’intérêt de rechercher des contacts utiles et de mettre en commun les opportunités recueillies par chacun… Les participants ont assez rapidement uni de fortes affinités.
De constructives amitiés et une forte volonté se sont confirmées pour ceux qui désiraient ardemment se reconstruire après les échecs. Je dois avouer que cela a été très motivant pour Jean-Paul Ricordel et moi de reconstruire afin de réussir…
Alain : Cofondateur, certes, puisque j’étais là mais je n’ai pas fait partie du petit groupe de réflexion et de travail qui a porté CQFD sur les fonds baptismaux. Il y avait toutefois un point commun essentiel: ne pas rester seul.
NEWS: Quelles difficultés pourriez-vous citer ? Comment les avez-vous contournées ?
Guy : Comme nous n’avions que peu d’expériences dans le milieu Associatif, il nous a fallu comprendre et apprendre les difficultés de la recherche d’emploi, prendre et faire fructifier les contacts avec les acteurs reconnus dans ce secteur ce qui a demandé du temps. Il a fallu réflexion, définition des objectifs, recherches dans ce cadre, et prouver notre capacité à agir et obtenir des résultats tant pour le futur CQFD en gestation que pour nos partenaires.
Alain : Comment concilier la spontanéité d’un groupe informel et autonome avec les nécessaires structures juridiques d’une association et ses règles de fonctionnement parfois contraignantes? Certains ne l’ont d’ailleurs pas accepté et ont donc quitté le groupe. La résolution du problème s’est donc faite toute seule, mais non sans douleur.
NEWS: Quels regards portez-vous sur le parcours de l’association ? Le contexte économique, la recherche d’emploi … sont-ils les mêmes ?
Guy : Nous étions des cadres ayant eu la responsabilité de gestion de produits, de services, et de développement à un niveau variable dans des entreprises de secteurs très différents.
Cela nous a permis d’attirer l’attention de tous nos interlocuteurs et de progresser assez rapidement en constatant que le contexte économique et la recherche d’emploi relevaient de la même démarche…
Alain : Pour la recherche d’emploi, Internet restait encore un peu « confidentiel » et il a fallu pousser pour que tous les membres s’y intéressent et ouvrent une adresse mail. Beaucoup se retrouvaient sur le carreau pour la première fois et ne savaient plus ce qu’était un CV. Peu de membres étaient issus des RH et pas de bénévoles chez CQFD,… il a fallu découvrir comment fonctionnaient les « recruteurs ». Merci aux salons « Solutions Ressources humaines » (1) où CQFD apparaissait comme exposant, pour nous avoir fait découvrir les critères et techniques de recrutement.
02SRH_DCP_1198.JPGCQFD n’a évolué qu’ensuite vers un soutien individualisé, de plus en plus réclamé par nos membres mais sans sacrifier ce qui avait fait sa force et son originalité, une dynamique de groupe intuitive mais aussi raisonnée. En 20 ans, les conditions ont changé et CQFD a dû s’adapter tant aux exigences des marchés de l’emploi que des membres.

 

 

NEWS: En 20 ans, de nombreux cadres ont poussé la porte de l’ « auberge espagnole ». Pourquoi cette désignation ? Qu’est-ce qu’elle suggère ?

Guy : Des recherches sur Internet me permettent de prétendre que cette désignation suggère que l’on pouvait être reçu pour dormir dans une telle auberge, mais que de toutes manières, il restait que pour pouvoir y vivre, il fallait s’investir personnellement à tous les niveaux en commençant par sa nourriture personnelle et celle des autres. … Nous l’avons constaté.

Alain : Olé, comme diraient mes petits-enfants ! C’est le secret d’un esprit associatif ou tout le monde apporte et tout le monde reçoit. D’ailleurs, ceux qui n’ont pas cet esprit de partage et d’entraide ne restent pas longtemps à CQFD ou en partent déçus. Mais personne n’est parfait.

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NEWS: A chaque « promo », un cadre de travail et des attentes différentes. Comment CQFD gère-t-elle ces différents profils de compétences ? Que recherchent les cadres ? Quelles sont les différences ?

Guy : Bien évidemment les niveaux socioprofessionnels des cadres en recherches de solutions sont extrêmement différents. Au cours de divers entretiens avec nos responsables bénévoles ou en recherche nous faisons le point avec eux lors de leur intégration et, nous leurs indiquons le meilleur cheminement possible dans le cadre de notre devise « UN POUR TOUS, TOUS POUR UN » .

Alain : Oui, les demandes changent, les conditions économiques aussi, mais je reste frappé qu’au bout du compte, ce sont toujours les mêmes problématiques qui sont soulevées, ce qui me laisse penser que c’est plus la forme que le fond qui change. C’est là où la présence des anciens aide à prendre du recul et ne pas partir dans l’exploration de solutions déjà étudiées que l’on sait aboutir à une impasse.

NEWS: Que conseillez-vous aux cadres en recherche d’emploi ?

Guy : … écouter les plus anciens et les bénévoles, s’investir dans l’environnement CQFD, car la recherche d’emploi est un plein temps actif. Proposer et animer des groupes de travail, participer physiquement aux manifestations, aider les autres dans le cadre d’échanges, etc.

Alain : Oublier son problème d’emploi pour se focaliser sur les problèmes d’embauche des recruteurs. Si tu apportes une solution au problème de la personne qui te reçoit, elle t’apportera, sans le savoir, la solution à ton problème. C’est toute la différence entre un CV « J’te plais, patron? » et un CV « offre de compétences » bien ciblées.

NEWS: Il n’y a pas d’association sans « bénévolat » et implication. Quels en sont les ingrédients clés ? … un mot à l’encontre des facilitateurs et des acteurs « silencieux » qui font le quotidien …

Guy : Les bénévoles de CQFD sont essentiellement des cadres retraités qui ont eu des carrières de tous niveaux socioprofessionnels & sont disponibles afin de vous aider efficacement.
En contrepartie, ils sont extrêmement soucieux des réponses actives que vous leur donnerez et seront très déçus si vous ne donnez pas suite à vos engagements à leur égard !

Alain : Je ne suis pas facilitateur mais plutôt un acteur silencieux qui essaie de mettre de l’huile dans les rouages…. bref de décharger les facilitateurs qui ont maintenant un rôle essentiel dans le fonctionnement de l’association. Je crois beaucoup plus dans la dynamique de groupe, à l’initiative de nos adhérents, qu’à une proposition venant du Conseil, ce qui ne veut pas dire que l’accompagnement individuel, demandé par nos adhérents, n’est pas utile mais cela, d’autres savent aussi le faire….. et ce n’est donc pas notre originalité.

NEWS: Gardez-vous des contacts avec les anciens ? …et les fidèles ?

Guy : à titre personnel, j’ai gardé de nombreux contacts fructueux avec des Membres de CQFD. … Nous avons inscrit 1137 membres depuis la création de l’Association et nous sommes actuellement 103 membres actifs inscrits.

Alain : Pas systématiquement, mais quand on les relance, on a souvent de bonnes surprises. Comment les remettre dans le circuit ?

NEWS: … Nous y réfléchissons sérieusement ! …Enfin, à l’attention de nos partenaires & réseau (Mairies, Conseil général, Services Emploi, associations, institutions, …), leurs soutien et appui sont précieux. CQFD porte attention aux synergies. Que leur confierez-vous comme message ?

Guy : Tout simplement un très grand merci pour toute l’aide compréhensive, financière, morale & efficace que vous nous avez apportée sans aucune faille depuis #20 ans !

Alain : Osez aider, le chômage ne s’arrête pas aux frontières communales. Vos électeurs seront peut-être embauchés dans la commune d’à côté et c’est bénéfique pour tout le monde.

Merci à Guy & Alain.

 
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